VGP · accessoires de levage

VGP des accessoires de levage : périodicité, contrôle et suivi des élingues

En bref

En France, les accessoires de levage, comme les élingues, manilles et palonniers, doivent être vérifiés tous les douze mois par une personne qualifiée. Cette vérification générale périodique (VGP) recherche les détériorations dangereuses, selon l’article 24 de l’arrêté du 1er mars 2004. Elle ne remplace pas l’inspection avant utilisation préconisée par l’INRS, ni le retrait immédiat d’un accessoire présentant un risque de rupture.

Une grue vérifiée ne couvre pas automatiquement les élingues sorties du magasin. Pour un parc BTP ou un loueur, l’enjeu est de relier chaque accessoire au bon contrôle, puis d’empêcher qu’un élément détérioré reparte sur chantier. Vue d’ensemble des périodicités, du rapport, des réserves et du registre : VGP et appareils de levage, le guide complet.

Quels matériels sont des accessoires de levage ?

L’article 2 b de l’arrêté du 1er mars 2004 vise les équipements non incorporés à une machine et placés entre celle-ci et la charge : élingue, palonnier, pince autoserrante, aimant, ventouse ou clé de levage. L’INRS ED 6178 inclut les manilles et les composants d’élingues, comme les crochets d’extrémité.

Ne confondez pas une élingue chaîne avec la chaîne intégrée au mécanisme d’un appareil. L’INRS distingue aussi l’anneau vissé pour une opération de levage, concerné par ces vérifications, de l’anneau fixé en permanence sur une machine. Les contenants de charges en vrac, dont les big-bags, ne relèvent pas de cette VGP des accessoires : cela ne dispense pas de vérifier leur aptitude à l’usage prévu.

La périodicité est de douze mois, pas celle de la grue

La règle propre aux accessoires est l’article 24 : une vérification tous les douze mois. L’article 23 concerne les appareils de levage. Ne recopiez donc pas la fréquence du porteur sur toutes ses élingues. Notre page sur la périodicité des VGP sépare ces catégories.

Douze mois est un maximum. L’INRS ED 6178 recommande de définir une fréquence plus courte selon l’usage, l’environnement et les contraintes subies. Une usure constatée aujourd’hui n’attend pas la prochaine échéance.

L’employeur procède ou fait procéder aux VGP. Selon l’article R4323-24 du Code du travail, le vérificateur peut être interne ou externe, mais doit connaître les risques du matériel et la réglementation. La liste des personnes qualifiées est tenue à disposition de l’inspection du travail. Une formation VGP accessoires peut aider à acquérir ces compétences ; son intitulé ne prouve pas à lui seul la qualification.

Que contrôle-t-on sur une élingue ou un palonnier ?

L’article 24 impose un examen de l’état de conservation pour détecter notamment déformations, hernies, étranglements, torons cassés, fils cassés au-delà du nombre admissible ou linguets détériorés. Les limites d’emploi de la notice du fabricant comptent aussi. L’INRS précise que l’examen visuel est complété par des mesures adaptées.

La VGP annuelle n’impose pas une épreuve de surcharge systématique. Les vérifications de mise ou de remise en service ont un autre contenu. Certains accessoires, comme les palonniers à ventouse ou à aimant, peuvent nécessiter des essais de fonctionnement à la charge maximale d’utilisation (CMU), selon l’INRS ED 6339.

  • Élingue textile : coupures, coutures endommagées, gaine laissant apparaître les fils porteurs, dommages thermiques ou chimiques.
  • Élingue chaîne ou câble : déformations, usure, fissures, corrosion et état des terminaisons.
  • Manille, crochet, palonnier : état des composants et dispositifs de retenue ; identification et CMU lisibles. Les critères précis viennent de la notice, pas d’une valeur universelle.

Marquage et traçabilité : obligation ou bonne pratique ?

Obligations : l’article R4324-26 exige un marquage permettant d’identifier les caractéristiques essentielles à une utilisation sûre. L’article R4323-47 impose aussi le marquage des assemblages permanents. L’arrêté demande de présenter des accessoires clairement identifiés et les documents nécessaires au vérificateur. L’INRS rappelle notamment la CMU et l’identification reliant l’accessoire à sa déclaration de conformité.

Bonnes pratiques de gestion : pour suivre une cinquantaine d’élingues, attribuez un numéro interne stable à chacune, lié à son identification fabricant. Ce format de numérotation n’est pas imposé. Ne dégradez pas l’accessoire pour le marquer. Un rapport collectif est pratique si chaque élément examiné reste identifiable : le lot seul ne distingue pas l’élingue retirée de celle disponible.

  1. Inventoriez chaque accessoire : identification, type, CMU, notice, déclaration de conformité et emplacement.
  2. Reliez-le au rapport, à la date du contrôle, à son résultat et à la prochaine échéance.
  3. Distinguez les états disponible, retiré du service et mis au rebut ; conservez l’historique au lieu d’effacer la ligne.

Avant utilisation, en location ou en prêt

L’INRS ED 6178 préconise une inspection visuelle avant chaque utilisation par l’élingueur. Présentez-la comme une consigne de prévention distincte de la VGP annuelle. L’article R4323-47 impose de choisir l’accessoire selon la charge, les points de préhension, l’accrochage, la météo et la configuration d’élingage.

Location ou prêt : l’entreprise utilisatrice reste responsable de la bonne exécution des vérifications, comme le rappelle l’INRS ED 6339 pour les appareils et accessoires. Avant emploi, rapprochez l’identification réelle du matériel des documents reçus. Bonne pratique à la réception et au retour : contrôler l’état, obtenir la notice et le dernier rapport, vérifier la date et traiter les observations. Un rapport portant sur une autre élingue ne renseigne pas celle livrée.

Retrait, mise au rebut et preuves à garder

L’article R4323-49 impose le retrait du service dès qu’un défaut peut entraîner une rupture, ainsi qu’un stockage évitant les détériorations. L’INRS demande également le retrait si la CMU ou l’identification a disparu. Séparez physiquement l’accessoire et signalez son indisponibilité : c’est une bonne pratique pour éviter sa réutilisation accidentelle.

Retrait ne signifie pas forcément destruction : faites examiner l’accessoire par un spécialiste avant toute remise à disposition. Si la décision est la mise au rebut, consignez comme bonne pratique l’identification, le motif, la date et une preuve de sortie du stock utilisable.

Obligations documentaires : portez les résultats sans délai au registre de sécurité. Pour un vérificateur extérieur, annexez le rapport ou indiquez précisément les dates et son archivage (R4323-25 et R4323-26). D4711-3 prévoit, sauf disposition particulière, les documents des cinq dernières années et au moins ceux des deux derniers contrôles. Le numérique est possible dans les conditions de R4323-27. Pour exploiter les observations, voyez comment lire un rapport VGP.

Ce que Trackary fait, et ce qu’il ne fait pas

Trackary centralise les documents, échéances configurables et anomalies sur les fiches des engins. Trackary ne réalise pas les VGP, ne certifie pas le matériel et ne remplace ni le vérificateur ni la responsabilité de l’employeur.

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Questions fréquentes

VGP des élingues : tous les six ou douze mois ?

Tous les douze mois au maximum pour les accessoires de levage : article 24 de l’arrêté du 1er mars 2004. L’INRS recommande d’adapter la fréquence à l’usage et aux contraintes, sans dépasser ce délai. La périodicité de la grue ne détermine pas celle de ses élingues.

Les manilles et les palonniers doivent-ils être contrôlés ?

Oui, lorsqu’ils sont utilisés comme accessoires de levage au sens de l’arrêté. Les manilles sont citées par l’INRS ED 6178 ; les palonniers figurent dans l’article 2 b. Les composants d’une élingue sont examinés avec l’ensemble auquel ils appartiennent.

Peut-on utiliser une élingue dont l’étiquette est illisible ?

Si la CMU ou l’identification a disparu, l’INRS ED 6178 demande de retirer l’accessoire du service. Ne devinez pas sa capacité et ne reprenez pas celle d’une élingue ressemblante. Faites résoudre le défaut d’identification par un spécialiste avant réutilisation.

Une élingue qui a passé sa VGP doit-elle être regardée avant usage ?

Oui : l’inspection avant chaque utilisation préconisée par l’INRS reste nécessaire. La VGP décrit l’état lors de la vérification ; un dommage peut survenir ensuite. Le retrait du service d’un accessoire présentant un défaut susceptible d’entraîner une rupture est obligatoire (R4323-49).

Une ligne par lot suffit-elle pour suivre toutes les élingues ?

Comme organisation pratique, un lot peut regrouper une visite ou un rapport. Mais conservez une identification et un résultat retrouvables pour chaque accessoire, afin de distinguer ceux disponibles de ceux retirés. La numérotation interne est une bonne pratique, pas un format réglementaire imposé.

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