Registre · numérique

Peut-on tenir le registre de sécurité en numérique ?

En bref

Oui. Le Code du travail permet de tenir et de conserver le registre de sécurité et les rapports de vérification sur tout support, donc en numérique (article R4323-27). Le support doit restituer toutes les mentions obligatoires sans difficulté et sans risque d’altération, être présenté dans les mêmes conditions que le papier et conservé aussi longtemps : en général cinq ans, et au moins les deux dernières vérifications.

Attention aux homonymes : cette page ne traite pas du registre de sécurité incendie des établissements recevant du public (ERP), qui relève d’autres règles. Elle porte sur le registre du Code du travail où l’employeur consigne les vérifications de ses engins, nacelles, chariots et appareils de levage. Vue d’ensemble des périodicités, du rapport, des réserves et du registre : VGP et appareils de levage, le guide complet.

Ce que disent les textes

Aucun modèle n’est imposé. Selon l’INRS, la réglementation prévoit des mentions obligatoires mais « n’impose aucun formalisme particulier », et les registres « peuvent exister en version papier ou dématérialisée ». Les articles utiles :

ArticleCe qu’il prévoit
R4323-25Le résultat des vérifications générales périodiques (VGP) est consigné sur le ou les registres de sécurité
R4323-26Vérificateur extérieur : son rapport est annexé au registre ; à défaut, le registre indique la date de la vérification, la date de remise du rapport et son lieu d’archivage
R4323-27Registre et rapports peuvent être tenus et conservés sur tout support, dans les conditions de l’article L8113-6
L8113-6 et D8113-2Autre support, notamment informatique, admis si des garanties de contrôle équivalentes sont maintenues
D4711-2Documents datés, avec l’identité de la personne ou de l’organisme chargé de la vérification et de la personne qui l’a réalisée
D4711-3Sauf dispositions particulières : documents des cinq dernières années et, en tout état de cause, des deux dernières vérifications
L4711-5Possibilité, pas obligation, de réunir les registres distincts dans un registre unique, si cela facilite conservation et consultation
R4323-101Même règle pour les équipements de protection individuelle soumis à vérification

Les quatre conditions d’un registre numérique

L’article D8113-2 encadre tout « support de substitution » à un registre papier. Pour un chef de parc, cela fait quatre questions :

  1. Toutes les mentions sont-elles là ? Pour chaque vérification : l’engin, la date, l’organisme et le vérificateur, le résultat, et le rapport (ou sa date de remise et son lieu d’archivage).
  2. Sont-elles lisibles sans difficulté ? Un contrôleur doit retrouver la dernière VGP d’un engin sans connaître votre outil.
  3. Sont-elles à l’abri de l’altération ? Gardez les rapports dans le PDF reçu, et évitez un fichier où une ligne peut être effacée sans laisser de trace.
  4. Le registre est-il présenté et conservé comme le papier ? Il doit être consultable pendant une visite, et pendant toute la durée de conservation.

Annexer les rapports des vérificateurs

Pour les appareils et accessoires de levage, l’arrêté du 1er mars 2004 (article 3) prévoit un rapport provisoire à la fin de la vérification, puis le rapport définitif dans les quatre semaines. Le chef d’établissement porte les résultats sans délai sur le registre ; selon la circulaire DRT 2005-04, cette mention reflète les conclusions des rapports, qui lui sont annexés.

En numérique, « annexer » revient à rattacher le PDF du rapport à la ligne de l’engin. Notez aussi la date de réception du rapport définitif et la suite donnée aux observations : selon l’INRS, les travaux de remise en état se justifient par des factures ou des annotations portées sur le rapport. Voir aussi comment lire un rapport de VGP.

Conservation et présentation : à qui, et combien de temps

D4711-3 vise les documents de vérification des cinq dernières années et, quoi qu’il arrive, ceux des deux dernières vérifications. Un registre numérique se conserve aussi longtemps que le papier (D8113-2). Dans le BTP, l’INRS rappelle que les registres de sécurité sont conservés sur le chantier ou, si c’est impossible, au siège.

Le registre et les rapports doivent pouvoir être montrés à :

InterlocuteurBase
Inspection du travail, pendant ses visitesL4711-3
Agents de prévention de la Sécurité sociale (Carsat)L4711-3
Membres du comité social et économique (CSE)L4711-4 ; présentation à la réunion qui suit la réception des documents (R2315-23)
Médecin du travail, et le cas échéant l’OPPBTP (organisme de prévention du BTP)L4711-4

Passer du papier au numérique sans laisser de trou

  1. Listez les engins soumis à vérification, avec un identifiant unique (numéro de parc) identique à celui des rapports.
  2. Rassemblez pour chacun les rapports des cinq dernières années, et au minimum les deux derniers.
  3. Numérisez-les en PDF lisibles et rattachez chaque rapport à l’engin et à la date de vérification.
  4. Comparez les dates aux périodicités : une VGP manquante doit apparaître maintenant, pas le jour du contrôle.
  5. Notez sur le registre papier la date à partir de laquelle le suivi continue en numérique.
  6. Gardez le registre papier et les originaux pendant la durée de conservation : les textes cités ne disent pas qu’une copie numérisée les remplace.
  7. Désignez qui saisit et qui contrôle, et prévoyez un export ou une sauvegarde régulière.

Tableur ou logiciel : ce que chacun fait

Les textes n’imposent aucun outil. Un tableur bien tenu peut suffire pour un petit parc ; notre tableau de suivi VGP Excel est gratuit. Ses limites viennent avec le nombre d’engins :

BesoinTableurLogiciel de suivi
Liste des engins et dates de VGPOuiOui
Rapports annexésLiens vers des fichiers, qui cassent si un dossier bougePDF rangés sur la fiche de l’engin
Alerte avant échéanceMise en forme à surveiller soi-mêmeAlertes automatiques
Trace des modificationsLimitéeSelon l’outil
Présentation à un contrôleurFichier à trier ou à imprimerDossier par engin, chantier ou parc

Ce que Trackary fait, et ce qu’il ne fait pas

Trackary, un logiciel de suivi des VGP, affiche sur l’écran Conformité le statut de chaque engin et de chaque contrôle : À jour, À échéance, Échéance dépassée, Manquant. Le dossier de conformité produit un registre de conformité en PDF (parc, sélection, engin ou chantier), avec les procès-verbaux joints en ZIP et un lien de partage à durée limitée dont on voit s’il a été ouvert. Avec le module « Dépôt de PV par l’organisme de contrôle », masqué par défaut et à activer, l’organisme peut déposer lui-même ses rapports, que vous validez. Trackary coûte 14 € HT par engin actif et par mois (11 € au-delà de 50 engins), utilisateurs illimités, avec 30 jours d’essai gratuit, sans carte bancaire.

Trackary aide à tenir et à présenter ces informations. Il n’est pas en soi « le » registre légal, ne réalise pas les VGP, ne certifie rien et ne garantit pas la conformité : l’employeur reste responsable des mentions, des annexes et de la conservation.

Rassembler rapports, échéances et statuts de chaque engin au même endroit, puis les présenter en un dossier : essayez Trackary gratuitement pendant 30 jours. Essai gratuit ↗

Questions fréquentes

Un registre de sécurité dématérialisé est-il légal ?

Oui. L’article R4323-27 du Code du travail permet de tenir et de conserver le registre de sécurité et les rapports sur tout support, dans les conditions de l’article L8113-6 : mentions complètes, lisibles, sans risque d’altération.

Un registre de sécurité sur Excel, c’est valable ?

Aucun texte n’impose d’outil. Le fichier doit contenir toutes les mentions, renvoyer aux rapports des vérificateurs et ne présenter aucun risque d’altération (D8113-2). Avec un parc important, c’est souvent là qu’il atteint ses limites.

Existe-t-il un registre de sécurité gratuit ?

Oui. L’OPPBTP propose un modèle de registre de sécurité de 16 pages en PDF, gratuit, à imprimer et remplir, qui peut être conservé au format numérique comme au format papier.

Faut-il garder l’ancien registre papier ?

Oui, par prudence, pendant la durée de conservation : cinq ans et au moins les deux dernières vérifications (D4711-3). Les textes cités ne prévoient pas qu’une copie numérisée remplace l’original.

Faut-il une signature électronique ?

Les articles cités ici n’en exigent pas. Ils demandent des documents datés, l’identité de l’organisme et du vérificateur (D4711-2) et un support qui évite tout risque d’altération (D8113-2).

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